LES ANGES ET LES DÉMONS
place. On y voit que Michel préside aux destinées des Juifs, et d’autres à celles des autres peuples. On y apprend le nom particulier des anges gardiens d'Adam, d'Abraham, d'Isaae, de Jacob et de Moïse, et l’on y voil que le nombre exact des anges est, d’après l'Écriture, de dix mille fois dix mille !. Ce qui concerne les démons n'est pas moins instrucüf.
Toute cette partie de l'ouvrage est tres curieuse, en tant que document sur la crédulité superstitieuse dont les meilleurs esprits du xvi‘ siècle ne savent pas s'affranchir. Mais, par là-même, elle ne donne pas l'impression de solidité et de sécurité qui se dégageait de la première partie. On regrette de voir Fernel, parti de principes fondés sur une connaissance profonde des grandes théories péripatéticiennes, s'en écarter peu à peu, perdre pied, et finir par s'égarer dans des rêveries sur les causes occultes, les sortilèges, l'astrologie, qu'il expose avec une gravité déconcertante. Il est vrai que le sujet de son dialogue est l'examen d'un aphorisme d’Hippocrate : € Qu'il y a du divin dans les maladies. » La médecine du xvre siècle était encore si peu scientifique, si encombrée de remèdes et de formules cabalistiques, il y était si souvent question de démons, de sorciers, d'exoreismes, d'envoûtements, que Fernel est assurément excusable d'avoir conservé une certaine crédulité à l'égard de toutes ces pratiques. On est toujours plus ou moins de son temps; que Fernel n'ait pas été plus en avance sur le sien, on n'a guère le droit de s'en étonner, surtout quand on voit des idées bien plus extravagantes encore soutenues pendant un siècle ou deux après lui ?. Il n en