‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 154 sur 345 · LES PRÉPARATIONS DE LA MATIÈRE · texte numérisé non relu

LES PRÉPARATIONS DE LA MATIÈRE

ce qu’elle est que dans son rapport avec la matière où elle réside. Dans les êtres vivants, par exemple, l'union de l'âme et du corps, qui constitue la vie, n’est pas Île résultat d'une invasion subite de l'âme au sein d’une matière inerte. Bien que Fernel ne s'explique pas très clairement sur ce point, il semble douer la matière d'une sorte d'activité sourde, qui, antérieurement à la réception de la forme totale, la prépare et l’organise. Pour que la forme puisse pénétrer dans la matière, y demeurer, et la mettre en état de remplir les fonctions vitales, iléfautian moins, dit-il, trois préparations de la matière. « La pre- « mière est une proportion régulière et convenable, qui € appartient à chaque partie simple et homogène, qui « vient des éléments, et qui, dans l’ensemble du corps, « est formée par l’accord et le concours de tous les tem- « péraments des parties homogènes.

« La seconde préparation du corps est cette composi- « lion harmonieuse, que nous voyons exister originaire- -« ment dans les parties organiques, puis dans le corps « total, par l’ensemble de ces parties.

« La troisième est cet esprit, doué de chaleur vitale, « qui est diffus dans tout le corps. Si l’on admet comme « évident qu'il y a dans tout animal une chaleur qui « le conserve et qui entretient sa vie, et à la disparition de « laquelle la mort survient, vous ne douterez pas que cette « chaleur subtile ne soit plus nécessaire que tout le reste à « conférer la vie; car c'est elle qui se rapproche le plus de « la nature de l'âme, et qui en est la compagne éternelle « et inséparable !, »

La production de l'esprit, comme la forme ellemême, vient d’une action divine. Quant à la propor-

À. De abdit. rer. caus., 1. 1, ch. 1v, p. 417, àla fin,

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