CHAPITRE V
Définition de l’âme.— Conséquences de cette définition. — Les trois espèces d'âmes. — Les parties et les facultés. — Théorie des facultés. — Elles ne sont ni des causes ni des substances. — L'âme seule cause et seule substance. — Facultés et fonctions. — Complication de la théorie. — Psychologie et physiologie.
Chez les êtres vivants, la composition matérielle du corps s'explique par l'union des éléments et l’accord des tempéraments. Mais il n’en est pas de même de la vie qui les anime. Les actions et les modifications spontanées qui disuünguent le vivant des autres objets de la nature doivent être attribuées à une cause autre que la matière inerte. Cette cause, c’est l'âme, dont la nature et l'essence nous sont inaccessibles, mais dont l'existence est clairement manifestée par ses effets. L'âme est pour les vivants ce que la forme est pour les corps bruts !, et, comme la forme, elle ne nous est connue qu'indirectement *.
Nous appelons du nom d'âme une cause cachée, qui peut seule rendre raison d’une série de phénomènes
1. « Viventis corporis species est anima » (Physiol., 1. 5, ch. n, début).
2. .,.uti et unamquamque reconditam causam ex effectibus qui con- «spicui sint etobjecti sensibus, ea (mens) soletexcutere » (Phystol., 1.5, ch. 1). Il importe de signaler dès à présent cette conception de Fernel. L'âme, étant surtout principe de vie, ne nous est connue que par ses effets. Aussi, a-t-il complètement méconnu l'importance de la conscience
psychologique, qu’il ne nomme même pas.