‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 159 sur 345 · DOMAINE DE LA PSYCHOLOGIE · texte numérisé non relu

DOMAINE DE LA PSYCHOLOGIE

donnent aux philosophes les discussions purement théoriques. Les auteurs de l’ancienne médecine ne se plaçaient pas à ce point de vue. Pour eux, la connaissance des faits est peu de chose, si l’on ne rattache ces faits à une cause, et la simple observation des phénomènes physiologiques, ft-elle aussi exacte et aussi complète que possible, n’est que la moité inférieure de la science. Ce qu'il faut avant tout, c'est expliquer. Aussi, persuadés, selon l'ancien adage, que la vraie science est la science des causes, ils s appliquent à étudier l’âme parce qu'ils voient en elle la cause des fonctions du corps. Ils professent que non seulement la médecine qui ne s occuperait que du corps laisserait de côté une partie de son domaine, mais que surtout, privée de ses fondements naturels et incapable de s'élever au-dessus du particulier, elle se réduirait à un empirisme grossier.

On comprend dès lors que, pour Fernel, la psychologie ne soit pas ce qu’elle est pour nous. Les philosophes modernes, à la suite de Descartes, opposent volontiers la pensée à l'étendue, et définissent l'âme une substance pensante. Or, la pensée, si elle à pour condition nécessaire un certain ensemble de relations organiques, est néanmoins distincte de la vie. Les animaux supérieurs n'y participent que d'une façon très incomplète, et l’homme seul l'exerce dans sa plénitude. Il s'ensuit que tout ce qui est du domaine de la pensée appartient à la psychologie actuelle, et nous y comprenons un grand nombre de faits dont on chercherait vainement la men-

-tion chez Fernel !. Mais, si la psychologie s’est agrandie

d'un côté, elle s’est singulièrement rétrécie d’un autre.

1. Par exemple, la conscience et l’idée du moi, les principes directeurs de la connaissance, la liberté, l'habitude, le langage, et beaucoup d’autres.

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