LA CAUSALITÉ RÉSERVÉE A L'AME
pas en elles que réside la vraie causalité efficiente. Dans l'homme, en particulier, ce n'est que par un abus de langage que l’on peut dire que les facultés agissent. En réalité, la cause unique de nos actes est l'âme. qui se sert des facultés comme d'instruments. Les facultés nous apparaissent done comme causes prochaines; la cause première nous échappe dans son essence; mais les causes secondes nous sont connues par leurs effets, et leur étude suffit au médecin. Fernel laisse volontiers aux métaphysiciens les spéculations sur la nature de l’âme : 1l se contente de l’étudier dans ses effets; mais, il importe de le remarquer, s1l a multiplié les intermédiaires entre la cause première et les phénomènes, il a réservé à l’Ame la causalité efficiente. |
Comme on peut déjà le prévoir, sa psychologie consisera à admettre le dogme aristotélique des trois âmes, correspondant aux trois grandes divisions de la nature vivante. Ces grandes lignes une fois tracées, 1l étudiera successivement chacune de ces trois âmes. Sous chaque groupe de phénomènes quil sera possible de leur attribuer, 1l supposera l'existence d'une faculté spéciale, force mystérieuse qui servira d’intermédiaire entre l'âme et les faits dont elle est la cause. L'âme est inconnaissable en soi ; les phénomènes ne peuvent être objets de science que si une classification méthodique les a disposés en groupes différents les uns des autres. Chacun de ces groupes étant attribué à une faculté distincte, la psychologie sera l'étude de ces facultés.
On à beaucoup critiqué, et avec raison, cette concep- Hon toute scolastique qui consiste à admettre, derrière chaque fait, une faculté qui en serait comme la doublure. Tout le monde connaît les railleries de Molière sur la vertu dormitive de l'opium et les filles qui sont muettes