‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 173 sur 345 · FACULTÉS ET FONCTIONS · texte numérisé non relu

FACULTÉS ET FONCTIONS

en voyant là une classification, trop minutieuse sans doute et sans base scientifique, mais commode, après tout. Le véritable défaut de cette psychologie, c'est que, par suite de l'absence complète de la conscience, le caractère des faits est souvent faussé. C'est, surtout, que la notion de l'unité et de la spontanéité du moi y disparaît, noyée sous la multitude des divisions et des détails.

Ce qui augmente encore cette excessive complication, c'est la distinction que Fernel a faite entre les facultés et les fonctions. Et cependant il a établi entre les deux ordres de faits, qu'il croit distincts en soi, un parallélisme constant. C’est là un point important, si l'on veut apprécier exactement le caractère et les tendances générales de sa psychologie. Lorsque les physiologistes modernes étudient les phénomènes qui se produisent dans les êtres vivants, ils les groupent, pour la facilité de leur travail, en un certain nombre de catégories. Ils réunissent les actes ou les faits qui concourent à un but commun, et divisent ainsi la vie en plusieurs séries de phénomènes, séries qu'ils appellent des fonctions. Pour eux, la nutrition, la reproduction, l'hématose sont des fonctions. Mais ils n’attribuent à ces concepts aucune réalité, et à plus forte raison aucune causalité. Rattacher plusieurs faits à une fonction, c’est simplement exprimer par le langage la solidarité qui les unit dans la nature; c’est introduire dans l’infinie complexité des phénomènes la notion des rapports cons-

« Auditus est facultas discretrix sonorum auri insita; gustus, facultas « discretrix saporum linguæ insita », ete. (Riol., Comment., p. 55).

Riolan ne réserve même pas expressément, comme Fernel, l’activité de l’âme. Il discute cette pensée d'Épicharme : « C'est l'âme qui entend ; « les sens, par eux-mêmes, sont sourds et aveugles », et il trouve qu'il y a du pour et du contre. Il semble admettre que tantôt l’âme intervient dans les sensations, et que tantôt les sens opèrent en vertu de leur activité propre.

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