‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 174 sur 345 · FACULTÉS ET FONCTIONS · texte numérisé non relu

FACULTÉS ET FONCTIONS

tants et généraux sans lesquels la science n'est qu'une nomenclature, ou tout au plus une description. De leur côté, les philosophes qui étudient la vie mentale sont conduits par une nécessité analogue à en grouper les faits d’après les ressemblances et les différences qu'ils observent entre eux. Ils donnent à chacun de ces groupes un nom spécial, et l’attribuent à une faculté. Malheureusement, les psychologues, moins avisés que les physiologistes, ont souvent perdu de vue le caractère purement nominal de la faculté; ils ne se sont pas souvenus que ce ne devait être là qu’un titre, un vocable, destiné à leur permettre de désigner des séries de phénomènes connexes : il est arrivé à beaucoup d’entre eux de prêter la réalité objective et la causalité efficiente à une abstraction. Ceuxlà même qui, comme Fernel, déclarent expressément que l’âme est la substance et la cause première, raisonnent souvent à propos des facultés comme s'ils l’oubliaient. Erreur assurément funeste, que les psychologues contemporains ont signalée et combattue. Ils se sont donné la tâche de rappeler à la psychologie qu'elle doit être avant tout une science de faits, et d'y introduire, autant que possible, la méthode à laquelle les sciences biologiques ont dû tant de progrès. Ils se sont efforcés de construire, comme on l’a dit, « une psychologie sans « âme ! », et surtout sans facultés. Aussi, pour rappeler cette assimilation des deux ordres de sciences, ne parlentils plus guère des facultés de l'âme, mais des fonctions de la vie psychique. S'il n'y avait à qu'une question de mots, elle n'aurait guère d'importance. Mais, ce que l’on veut indiquer par là, c’est que, pas plus que la fonction, la faculté n’est rien en soi, et qu'on n'a pu en parler comme

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