‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 177 sur 345 · RAPPORTS DES DEUX SCIENCES · texte numérisé non relu

RAPPORTS DES DEUX SCIENCES

l'esprit métaphysique et l'esprit scientifique ne s’excluent pas nécessairement. Le Traité de l'âme a réalisé, autant que l’état des connaissances le permettait, à cette époque, l'accord de la psychologie et de la physiologie !. La préoccupation d'étudier concurremment les faits psychiques et les faits vitaux inspire toute l'œuvre d’Anistote, el se retrouve dans celle de Galien.

Il n’est pas étonnant que Fernel se soit engagé dans la même voie. Les anciens étaient ses maîtres, et si, sur des questions de détail, 1l n'a pas toujours aveuglément accepté leurs opinions, il a du moins suivi leur méthode et adopté leur point de vue. Aussi, ce qui caractérise ses études de psychologie, c'est la part considérable qu'il y a faite aux considérations physiologiques. Il est vrai qu'il écrivait un livre de médecine, et que, à ses yeux, la médecine est la plus vaste des sciences, celle qui a pour objet l'homme, sain ou malade, mais sans l’isoler de la nature. Son rôle est au contraire de l’envisager au sein de l’univers, non comme un empire dans un empire, mais comme une partie du grand tout. Mais si, au xvr° siècle, le principe de la division des sciences n’était pas encore érigé en dogme, cette division n’en existait pas moins, et Fernel a souvent déclaré que la philosophie et la m édecine ont chacune son domaine propre. Pour lui, 1l considérait la psychologie et la physiologie comme également nécessaires à la connaissance de l’homme : toutefois, il ne les confondait pas. Après avoir consacré un livre à l'étude des facultés de l’âme, de leur nature, de leur nombre, de leurs organes, il en consacre un autre à l'étude des fonctions. Les unes

1. La preuve en est que les partisans de la psychologie comme science indépendante et ne voulant rien devoir aux autres sciences condamnent les considérations physiologiques de ce traité. Nulle part cette condamnation n’est plus explicite que dans la Préface de B. Saint-Hilaire.

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