LA MÉTHODE PSYCHOLOGIQUE
Or, la cause d’un fait, ce n'est pas, d’après ui, un fait antécédent, c’est un principe métaphysique. La cause efficiente seule peut être matérielle et sensible; mais, si sa notion suffit à la rigueur dans la pratique, elle ne peut donner au philosophe qu'une idée très incomplète de la causalité. Il faut en outre, pour rendre compte d'un fait, avoir égard à sa matière, à sa forme et à sa fin !.
On reconnait là dans son intégralité la théorie aristotélique. Aussi, pour Fernel comme pour Aristote, 1l y a des sciences distinctes, mais il n’y a qu'une seule méthode vraiment philosophique, qui s'applique à toutes les sciences, et qui est la déduction. Il s'ensuit que la psychologie et la physiologie sont des sciences connexes, el qui emploient la même méthode. De même que toutes les autres, elles doivent partir de ce qu'il y a de plus général, des principes, pour descendre par degrés Jusqu'aux faits particuliers, dont l'observation immédiate servira à la théorie tout entière de contrôle et de vérification. Quand il s’agit de l'être humain, aussi bien de sa vie organique que de sa vie mentale, ce qu'il y à de plus général, c’est l'âme, entéléchie première de ce corps organisé. Et comme l'âme, substance immatérielle, ne saurait être directement cause de phénomènes matériels, on est amené à imaginer une série d'intermédiares pour relier ces deux extrêmes. Ces intermédiaires ont entre eux une solidarité si étroite qu'elle équivaut à un rapport de causalité. Il n’y a pas à vrai dire de différence essentielle entre les facultés et les fonctions : ce sont des effets successifs d’une cause unique. L'âme met en jeu les facultés, qui mettent en jeu les fonctions. Toute manifestation, quelle qu'elle soit, de la vie, de là sensibi-
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