‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 180 sur 345 · COMPLICATION DE LA THÉORIE · texte numérisé non relu

COMPLICATION DE LA THÉORIE

lité ou de la pensée, parücipe à la fois de l'âme et du corps. Du côté de l'âme, ce sont Les facultés qui agissent, du côté du corps ce sont les fonctions. Mais, comme la solidarité de l'âme et du corps est indissoluble, et qu aucun acte n est possible sans leur concours simultané, à chaque faculté correspond une fonction, qui en est inséparable : € Facultatibus cognatione tantæ functiones cohærent, « tamque immutabili continuatione Junguntur, ut aliarum «ex als cognitio capi debeat !. »

Certainement on doit regretter que Fernel, en introduisant encore ce terme dans la série déjà si nombreuse des intermédiaires qui séparent la cause première de ses effets, ait compliqué à outrance sa classification. On doit regretter surtout que l'unité de la vie psychique, dont il avait pourtant une idée très juste, se perde au milieu du détail infini de ses analyses. Enfin, pas plus pour la foncüon que pour la faculté, il n’a donné de définition précise. Cela lui eût été difficile, car sans doute il ne s’en faisait pas lui-même une idée bien claire. Tantôt, pour les unes comme pour les autres, il déclare qu'elles ne sont rien si on les sépare de leur sujet, qu'elles ne sont que des qualités, non des substances : tantôt, et trop souvent, il en parle comme de causes réelles, capables d'agir par elles-mêmes. Ce sont là des inconséquences où sont tombés comme lui, et plus que lui, tous les philosophes qui ont tenté de classer les faits psychiques en les attribuant à des puissances bien définies de l'âme, qu'ils ont appelées facultés. L'étymologie même du mot les exposait à ce danger, que nul d’entre eux n'a complètement évité.

Malgré ces faiblesses, la psychologie de Fernel a un

1 Physiolt"6, ch, x, aù début.

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