PREMIÈRES ÉTUDES MÉDICALES
se refuser toute distraction, et regarder comme perdus tous les instants qu'il ne consacrait pas au travail personnel ou à la lecture des bons auteurs.
Ce qu'il ambitionnait d'apprendre tout d'abord, c'était le latin, avec toutes ses élégances, et il est devenu en effet un latiniste consommé. Quand nous ne saurions pas par Plancy qu'il s’attacha à étudier à fond les œuvres de Cicéron, entre autres le De natura Deorum, le De officus et les Académiques, nous l’induirions avec certüitude, en considérant le caractère vraiment cicéronien de son style: il emprunte à l'orateur romain une quanüté d'expressions, et les emploie avec un rare bonheur. Il joignit à cette lecture celle de Celse et de Platon: il se servait pour ce dernier de la traduction latine de Marsile Ficin, car il ne paraît pas qu'il ait Jamais été très versé dans la connaissance du grec. Non content de cela, il voulut encore se perfectionner dans les mathématiques, ets imposa un plan d’études qui aurait de quoi surprendre a toute autre époque qu'au xvi* siècle : 1l consacrait la matinée aux études scientifiques, l'après-midi à la philosophie, la soirée à la lecture attentive et raisonnée des auteurs latins. [Il n’est pas étonnant qu'un pareil régime, soutenu pendant plusieurs mois sans une heure de relâche, at affaibli sa santé. Il fut atteint d'une fièvre quarte qui le força à interrompre son travail et à quitter momentanément Paris pour aller passer sa convalescence dans son pays.
C’est au cours de cette maladie que l’idée semble lui être venue pour la première fois d'étudier la médecine. Sans doute, les soins dont il fut l'objet lui en inspirèrent la pensée; et encore, sa vocation médicale n’était-elle guère prononcée, puisque son biographe nous le représente hésitant entre diverses carrières, et consultant ses