‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 184 sur 345 · LA FACULTÉ PROCRÉATRICE · texte numérisé non relu

LA FACULTÉ PROCRÉATRICE

subtile peut découvrir ou imaginer correspond une faculté spéciale, qui se subordonne à une autre plus générale, en sorte que le système tout entier, au lieu de donner l’idée de l’unité vitale, ne nous apparaît que comme une hiérarchie tout à fait artificielle et dénuée de réalité. Ce sont les conceptions d'une science dans l'enfance, analogue à ce polythéisme de la religion romaine primive, dans laquelle les faits les plus insignifiants sont dus à l'intervention directe d'autant de divinités distinctes 1.

Fernel ne remonte d’ailleurs pas plus haut que la semence. La semence étant donnée, de ses transformaüons sortent, par l’action de la faculté procréatrice et de ses auxiliaires, les diverses parlies similaires du vivant. Mais. loin d’être produite par la faculté procréatrice, la semence lui est antérieure ; elle lui sert de matière. D’où vient-elle donc, et comment se fait. par son intermédiaire, la transmission à chaque être de l'âme et de la vie qui lui sont propres ? C’est une question qui a été diversement résolue, et que Fernel a longuement traitée ?, Aussi bien dans le règne végétal que dans le règne animal, tous les êtres naissent, s’accroissent et se nourrissent ; pour chacun d'eux, la vie est limitée dans le temps : à une période de développement succède un état stationnaire, puis une décrépitude plus où moins rapide, et enfin la mort. Mais l'espèce est éternelle : c’est en elle et par elle que se continue la vie des individus: aussi tout être vivant a-t-il le désir instinctif et la faculté de concourir à la perpétuité de son espèce en mettant au monde des êtres semblables à lui. La faculté procréatrice, qui a pour fonction la génération, est commune aux animaux et aux végétaux, mais

LN:GrBoissier, La Religion romaine d'Auguste aux Antontins. ti, P- ».

2. V. surtout Physiol., 1.7, et De abdit. rer, caus., 1. 4, ch. var et var.

Page 1