‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 185 sur 345 · LA GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

LA GÉNÉRATION

avec quelques différences. Les plantes, fixées invariablement par leurs races, empruntent au sol avoisinant leur nourriture ; elles ne sont pas douées de mouvement. Aussi, n'est-il pas, en général, possible que deux individus participent en commun à l'acte de la reproduction ; la nature a réuni les deux sexes dans le même végétal ! : s’alimenter etse reproduire, voilà toute la vie de la plante. Celle des animaux est beaucoup plus complète ; ils se meuvent, sentent, connaissent ; chez eux, les sexes sont distincts; la génération exige donc l’accouplement de deux individus, afin que, suivant le mot d’Aristote, un animal naisse de deux ?. Dans ce concours, chaque sexe a son rôle spécial : la femelle apporte le corps el la matière, le mâle l'âme et la forme. « Le mâle est l'ani- « mal quiengendre en autrui, la femelle celui qui engendre «en soi. » Aussi, diffèrent-ils entre eux tant par la faculté génératrice que par la disposition des organes. D'ailleurs, ce n’est point par la fusion intime de deux êtres en un seul que se fait la génération. L'accouplement n’est qu'un rapprochement momentané, pendant et après lequel les parents gardent leur individualité ; 1ls mettent seulement en commun une matière issue de chacun d'eux et qui les représente. Cette matière. c'est la semence, source première de l'être engendré, intermédiare par lequel ils lui transmettent leurs principes et leurs facultés. Les uns et les autres sont déjà dans la semence, ou pour mieux dire, les parents y sont tout entiers, à l’état

4. Il va sans dire que je ne relèverai les inexactitudes scientifiques de Fernel que dans la mesure où elles intéressent ses théories philosophiques.

2, Arist., De gener. anim., 1.1, ch. 1.

3. « Mas id animal est quod in altero gignit ; fæmina vero quod in se « ipso » (Physiol., L 7, ch.r, p. 168).

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