LA SEMENCE, ORIGINE DE LA VIE
latent, en puissance. Il n’en est done pas de la semence comme d’une substance inerte, qui n'a rien de plus en elle que ses propriétés matérielles. Comme le vivant dont elle est l’origine, elle est double : d’une part, de même que toutes les autres humeurs de l'organisme, elle est produite par certaines parties du corps, élaborée, accumulée par d’autres ; elle a ses canaux, elle a sa composition spéciale, elle a ses maladies propres, son mode particulier de sécrétion et d'émission, elle a, en un mot, comme toutes les matières qu'on rencontre dans les corps vivants, un ensemble de propriétés et de caractères dont l’étude apparüent à la physiologie et à la médecine. D'autre part, elle n'est pas seulement un résuliat ou un produit de la vie : elle sert à la transmettre, elle sert même à la créer, puisque, à vrai dire, la continuité de la vie dans le monde nest qu'une création constamment et indéfiniment renouvelée. Or, ia vie n’est pas seulement la production d’un certain ordre de phénomènes physico-chimiques. Ainsi que Fernel y a souvent insisté, elle ne peut s'expliquer par le seul concours des éléments: il faut, pour la faire naître el pour l’entretenir, l'intervention active d’un principe immatériel, cause première dont les actes vitaux ne sont que les elfets sensibles. C'est l'âme, dont la présence au sein de l'organisme constitue la vie à tous les degrés de la série des êtres. Depuis la plus humble plante jusqu à l'animal rudimentaire, au zoophyte, de celui-ci aux animaux supérieurs et à l’homme, chaque être vivant à son âme, el nest vivant que parce qu'il l’a. Vient-elle à disparaître, il n’est plus qu’un agrégat matériel sans individualité et sans nom. S'il en est ainsi, il faut bien que l’âme ait été transmise à l'embryon par l'intermédiaire de la semence, et qu'elle soit incluse dans celle-ci, en quelque manière. En quel sens peut-on parler de la transmission