LE PROBLÈME DE LA GÉNÉRATION
de l'âme, à quel moment, dans quelles conditions se faitelle, comment a lieu, si l’on peut ainsi parler, la reproduction des âmes, autant de questions où le physiologiste est incompétent, et qui s'imposent au philosophe. Aussi Fernel, pour qui les deux points de vue, quoique distincts, n'étaient pourtant pas aussi différents qu'ils le seraient de nos jours, a-t-1il étudié les deux côtés du sujet; et si ses théories physiologiques nous paraissent surannées et presque enfantines, après les découvertes de l'embryologie moderne, 1l n'en est pas moins intéressant de lui demander ses solutions sur le problème philosophique.
Au point de vue physiologique, Fernel n'apporte à la science aucune contribution personnelle. Il se borne à analyser et à commenter le De semine de Galien, en faisant quelques rapprochements avec d’autres livres du même auteur et quelques traités d'Aristote !. Là, pas plus qu'ailleurs, il n’a fait de découvertes, ni émis de vues originales. Il se borne à formuler un exposé très méthodique et très clair de ce qu'était à son époque la science officielle, celle qu'on enseignait dans les écoles de médecine. C'est à ce titre seulement qu'il convient d'en donner une idée, afin de ne pas séparer ce que Fernel unissait, les conceptions médicales et les théories philosophiques.
Toutes les parties du corps sont nourries par le sang, et chacune, par une sorte d'aspiration ?, attire à elle et fixe l'aliment qui lui convient; elle lui fait subir des transformations, le change en sa propre substance et se
1. Aristote a étudié la question surtout dans l'Histoire des animaux, l. 3et7, et dans le Traité de la génération des animaux, 1. 1, 2 et #.
2. « Id, halitus specie tractum, mox unaquæque pars mutat et con- « vertit, inque suam naturam demum perducit » (Physiol., 1. T, Chr au débul).