‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 189 sur 345 · MATIÈRE DE LA SEMENCE · texte numérisé non relu

MATIÈRE DE LA SEMENCE

inertes. Imparfaite quand elle y arrive, elle y subit une élaboration, une coction, qui la rend fécondante. C’est le résultat de son séjour dans le tissu spongieux des glandes et dans les étroits canaux qui y aboutissent.

Mais 1l y a dans la semence autre chose que les caractères matériels avec lesquels elle nôus apparaît; ce que nous en voyons n'en est que la matière grossière 1ssue du sang ;ils’y trouve en outre une forme, dans laquelle interviennent l'esprit et la chaleur, et sans laquelle 1l serait impossible de s’expliquer les divers modes de la reproduction chez les animaux. Par exemple, dans ceux qui, comme les insectes, n’émettent pas de semence à l'extérieur, l’accouplement est de longue durée, parce que la force procréatrice est médiocre, el il faut un contact direct assez prolongé pour que toutes les parties de l'embryon soient comme modelées sur celles des parents. Chez les animaux supérieurs, au contraire, le rôle du mâle se borne à introduire la semence dans le corps de la femelle ; l’œuvre de la génération s'accomplira désormais sans son concours, en son absence, après sa mort. C'est qu'il y a dans la semence « une faculté constructive, immatérielle «et pleine d'esprit ! ».

Cela est si vrai que les humeurs qui s’écoulent pendant les maladies n'ont qu’une analogie apparente avec la semence. Elles sont infécondes, elles ne sont pas plus de la semence qu'une main paralysée n’est une main, Qu'un cadavre n’est un homme. La parte vraiment active de la semence, ce n’est pas la matière, c'est la faculté, principe de mouvement, qui agit par elle-même, ou plutôt qui manifeste l'activité de l'âme, et qui se sert de la

1. « Facultatem quamdam opificem, quæ tota est ætherea spiritusque « plena » (Physiol., 1. 7, ch. 1v, p. 173).

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