‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 190 sur 345 · FORME DE LA SEMENCE · texte numérisé non relu

FORME DE LA SEMENCE

matière pour engendrer comme l'âme se sert des organes du corps, et l’ouvrier de ses outils : « quemadmodum € anima, ut apprehendat, manum, et faber securim « adhibet, ut ex ligno lectum arte construat !. » Ces deux substances, passive et active, n'ont pas la même origine : la matüère- vient de quelques parties du corps, la faculté vient de toutes les parties, et cela est nécessaire, puisque c'est elle qui représente virtuellement les parents, et qui transmettra leur empreinte à leur rejeton. La matière de la semence est canalisée par les veines, et en définitive par la veine cave ; la forme et la faculté sont amenées par les artères. Que si l'on se demande comment un principe immatériel a ainsi dans le corps un véhi1cule spécial, 1l faut se rappeler que, pour Fernel comme pour tous ses contemporains, les artères sont, pendant la vie, remplies d'un fluide subtil, l'esprit vital. Les esprits animaux sont amenés à la semence par les nerfs issus du cerveau et de la moelle, et les esprits naturels par les veines du foie *. La faculté fécondante est donc une sorte de synthèse de tous les esprits, qui viennent des diverses parties du corps. La production de la semence n’est pas une fonction particulière d’un organe déterminé; c'est un acte commun auquel participent toutes les parties de l'organisme.

Les femelles émettent-elles une semence identique à celle des mâles? Aristote soutient que non. Fernel rapporte ses raisons avec complaisance *, mais 1l ne s’en range pas moins à l'avis de Galien. Pour lui, la part de la femelle dans la génération est analogue à celle du mâle :

uPhiysiol 0 soBrv, p.418; 2. Pour cette théorie des esprits, voir plus loin, ch. vir. D.shiiystel. A TTieh. #86. p: LS.

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