‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 192 sur 345 · PHILOSOPHIE DE LA GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE DE LA GÉNÉRATION

« corps. Les testicules, par leur chaleur naturelle, éla- « borent la semence ; mais elle n’est féconde qu'après «€ avoir subi l'influence de l'esprit vital issu de tout l'or- « ganisme. La semence féconde qui résulte de ce mélange € intime est une substance épaisse et écumeuse, de cou- « leur blanche, de poids léger, de nature aérienne, de € tempérament chaud et humide. » Voilà pour les caractères physiologiques ; immédiatement après, voici pour les théories philosophiques : « Sa substance et sa consis- « tance proviennent du tempérament des éléments ; mais « elle a en outre une chaleur divine et céleste, qui ne « participe en rien du feu n1 d’un autre élément ; en elle « consiste et réside toute la vie : en elle se trouve la puis- « sance de l’âme naturelle et nutritive, ainsi que de celle « qui est le principe de la sensibilité, du mouvement et « de l'appétit. Lorsque cette chaleur s'allume, les facul- « tés qui dormaient inactives et muettes dans la semence « entrent en acte, et se manifestent par des effets. Elles «ne sont pas venues dans la semence du mélange des « éléments, mais du corps des parents, chez qui elles « existaienten acte. L'homme qui engendre produit done, « en même temps que la semence, toutes les facultés cor- « porelles. Mais 1l ne confère pas la partie la plus noble « de l’âme, la raison !. Il y a entre celle-c1 et le corps « une différence de nature ; elle n’est pas unie substan- « tellement au corps, elle lui vient du dehors, comme un « don divin ?. »

On voit dans ce passage combien Fernel mêle étroitement la physiologie et la métaphysique. Encore est-il extrait de sa Physiologie, dans laquelle il s’est borné à

1. Mens, c'est l’intellect actif, opposé à la vie et à la sensibilité, 2. Plystol,, ETch. v, à la fin.

Page 1