‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 193 sur 345 · PHILOSOPHIE DE LA GÉNÉRATION · texte numérisé non relu

PHILOSOPHIE DE LA GÉNÉRATION

exposer les opinions qui lui paraissaient les mieux fondées, sans les discuter, et à faire avant tout œuvre didactique. Mais les questions philosophiques qui se rattachent à la génération le préoccupaient (rop vivement pour qu'il ne leur consacrât point un examen approfondi. Si la médecine est la science qui conserve la santé et qui guérit les. maladies, 1l ne lui suffit pas de connaître l’homme adulte: elle ne saurait se désintéresser de la question de ses OrIgines. Aussi Fernel l’a-t-il longuement étudiée dans le De abditis rerum causis, ouvrage consacré, dit-1le « rechercher ce qu'il y a de divin, c'est-à-dire de causes « cachées aussi bien dans la philosophie naturelle que « dans la médecine ! ». Le livre est curieux, intéressant, et l'on est agréablement surpris d'y trouver à chaque page, avec une érudition très sûre et très étendue, une rare justesse de vues, une grande force de dialectique et le style à la fois ample et précis d’un latiniste de premier ordre. L'ouvrage est très peu connu, et c'est dommage. Il n’a, que je sache, jamais été traduit en français ; aussi, l'on me permettra d'en donner, au heu d’une insuffisante analyse, quelques citations d’une certaine étendue.

Dans l'homme comme dans tous les êtres de la nature, se trouvent les deux grands principes, matière et forme. La matière vient de la semence, personne n’en doute. La semence contient déjà tout l’homme, mais confusément: elle n’est pas animée, elle n'a pas d'âme, mais il y a en elle une force organisatrice, un principe de mouvement ?. Tout être vivant vient non de la matière amorphe, mais d’une matière déjà préparée en vue de telle ou telle forme. Aussi, la semence d’un animal ne peut-

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