‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 194 sur 345 · LA PUISSANCE · texte numérisé non relu

LA PUISSANCE

elle produire qu'un animal de même espèce. Mais la question demeure entière : si la semence n'est pas vivante, comment peut-elle conférer la vie? D'où lui vient la force organisatrice ? Du moment que les principes de la vie végétalive et de la sensibilité ne sont pas séparables d'un corps matériel, ils ne peuvent venir de l'extérieur animer l'embryon: ont-ils donc, dès l'origine, existé dans la semence? Et l'âme intelligente, qui est Ia forme essentielle de l'homme, d’où lui vient-elle? S'introduitelle tout d’un coup ou par degrés ?

À toutes ces questions, Fernel a répondu en bloc dans sa Physiologie: « Ces deux principes (l'âme végétative et « l'âme sensitive) ne peuvent exister incorporellement. « Ils ne viennent donc pas du dehors dans la semence ; « car 1ls n'y arrivent ni isolés et spontanément, puis- « qu'ils sont corporels, ni matérialisés dans un autre « corps; 1l reste qu'ils n'aient jamais été séparés de la « semence, qu'ils y aient toujours été en puissance !. » Cette solution sommaire peut suflire dans un ouvrage de médecine ; elle laisse subsister des incertitudes que le philosophe doit éclaircir. Et d'abord, qu'est-ce au Juste qu'être en puissance ?

« Eudoxe. — Voyons, mon cher Philiatros, puisqu'il « n'y a pas de mot plus usité en philosophie, et aussi « plus controversé que celui de puissance, pourriez-vous « nous en indiquer les acceptions différentes ?

€ Philiatros. — Je crois que oui. D'abord Aristote défi- «nit la puissance un principe de mouvementet de change- « ment *, et, comme 1l est actif ou passif, la puissance « est également double. Il dit que la puissance active

PonPliusrol. ANS eh. Y, p.179.

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