‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 195 sur 345 · PUISSANCE · texte numérisé non relu

PUISSANCE

«est le principe du changement en autre chose; la « puissance passive, le principe du changement venu « d'autre chose !. En ce sens du mot, 1l appelle puis- « sance la matière de chaque chose, et forme son « acte et sa perfection. L'une et l'autre sont des sub- « stances. — Ce mot de puissance désigne aussi l'acci- « dent, qu'Aristote appelle souvent puissance où impuis- « sance naturelle. C’est en effet une manière d'être ou « une disposition en vertu de laquelle une chose agit « ou pâtit facilement, ou, si l’on aime mieux, c'est une « sorte de propension ou de pente à agir ou à pâtr. Il « appelle les arts des puissances d'agir, parce que ce sont « des principes de changement en autre chose. Il attri- « bue même aux objets inanimés de semblables alfec- « tions, qui les aident soit à agir, soit à résister à l’action « des influences contraires. La puissance de pâtir est «une disposition par laquelle chaque chose passe facile- « ment à un autre élat.

« Eud. — Arrêtez-vous un peu, vous êtes au port. Ce « dont nous parlions, c'est la puissance de pair, qui, se « trouvant dans la matière comme une préparation, la « rend capable de changement, et apte à recevoir sa « forme *. »

Par conséquent, lorsqu'on dit que l'âme est en puissance dans la semence, on veut dire seulement que la matière de la semence a des tendances naturelles à subir des modifications qui, peu à peu, la rendent capable de recevoir la vie. En soi, la puissance n'est rien d’effectif: elle n’est qu'une qualité inhérente à un sujet, et suscepüble de degrés. Lorsque, par des accroissements succes-

PA TIS ORNE 2, De abdit. rer. caus., 1. 1, ch. v, p.420.

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