ORIGINE CÉLESTE DE L'AME
presque dramatique. Nulle part la dialectique de Fernel ne sest montrée plus habile.
On peut admettre, ou bien que, dès le moment de la conception, l'être vivant se forme par une suite ininterrompue de progrès, el que l'âme et la vie existent en lui dès le premier instant ; ou bien que cette évolution ne forme que le corps, et que l'âme y pénètre tout d’un coup par une intervention divine. La première opinion est professée dans le dialogue par Brutus, la seconde par Eudoxe, qui finit par triompher de son adversaire : après quelles péripéties, c’est ce qu'il est intéressant de suivre. Brutus ne peut se décider à croire qu entre la puissance et la forme 1l y ait un abîme, et qu'on ne puisse passer de l’une à l’autre. Pour lui, la forme n'est autre chose que la puissance passée à l'acte.
« Brntus..==; Cette puissance, sur laquelle on discute «s1 fort, est une qualité, qui est susceptible d’augmen- « ter ou de diminuer dans des limites étendues. A l'ori- « gine, elle est faible et obscure, mais peu à peu elle « s’accroît et prend des forces. Lorsque, par des progrès « successifs, elle est parvenue à son achèvement, elle est « alors ce qu'Aristote appelle une entéléchie, ce qui «€ veut dire d’après les uns perfection. d’après les autres « mouvement perpétuel. De même que cette perfection « vient insensiblement d'une préparation obseure et con- « fuse, de même il faut croire que la forme de chaque « chose, qui ne diffère en rien de sa perfection, vient « également de la préparation et de la puissance. La per- « fection, c’est la forme ; la préparation, c’est la puis- « sance. [l n’y à pas à chercher plus loin: de même que «€ la préparation devient perfection, de même la puissance « se change en forme!. »