LA FORME ET LA PERFECTION
rez Ma pensée, el que vous essayez de m'envelopper de sophismes captieux ?
«€ Eud. — Vous pouvez les appeler ainsi, mais non y échapper. Si vous examinez les choses avec loisir et attention, vous verrez combien mes arguments sont plus forts que les vôtres. Si vous croyez pouvoir élever quelque édifice sur vos raisons, rien ne sera plus facile que de le renverser.
€ Br. — Altaquez-moi, je vous attends.
€ Eud. — La puissance qui se trouve dans la semence s'accroît par degrés insensibles, jusqu'à son entier achèvement. Est-ce vrai ?
« Br. — C’est vrai.
« Eud. — En vertu de quelle force, dites-moi, augmente-t-elle ainsi ?
€ Br. — La réponse est dans Alexandre : Il y a dans la semence un commencement de mouvement, dont l'impulsion a été donnée par le père, qui tend à une fin, et qui s'accroît à mesure qu'il s’en rapproche, de sorte que, une fois la course commencée, il l’accomplit Jusqu'au bout si quelque force ne l’arrête.
«€ Eud. — J'oublie facilement la suite d’un discours, si on le tire de trop loin. Répondez-moi donc brièvement, si vous voulez que je me souvienne.
« Br. — Comme vous voudrez.
€ Eud. — Vous dites qu'une impulsion, ou un commencement de mouvement, a été l’origine communiquée par le père à la semence ?
Br: -— Oui.
« Eud. — Ce commencement de mouvement, c’est, dites-vous, la puissance ?
« Br. — Klle-même.
w Eud. — Vous pensez qu’ensuile cette impulsion.