D'OU VIENT LA FORME
qui est la puissance, agit sans interruplon, et; partie de la nature originelle et confuse, arrive à la nature consommée ut à laquelle e on ne peul rien aJou-
ter ?
Br. — Pourquoi non ?
Eud. — Et cette puissance, vous l’appelez une qualité ?
Br. — C'est l'avis d’'Aristote.
Eud. — Mais aucune qualité ne saurait agir par elle-
même. Toute action appartient à une forme; réalisée dans une substance, et qui est un principe d'action. Puisque vous dites que la puissance s’accroil peu à peu, à quelle forme première rapportez-vous cet accroisse-
ment ?
« Br. — A vous de le chercher. Pour moi, peu mim- DES
« Eud. — Il n’y a dans la semence que trois choses :
la matière, la forme, la puissance. Cette aclion de la puissance, est-ce à la forme de la semence qu'elle conduit d’abord ?
« Br. — Où conduirait-elle ailleurs ?
« Eud. — Mais c’est impossible.
« Br. — Et pourquoi donc?
« Eud. — Parce que tout ce qui agit agit pour rendre
semblable à soi-même l'objet sur lequel il agit, et la forme qui est dans la semence n'a d'autre fin que de faire engendrer une autre semence !. »
Brutus a eu le dessous dans les deux premiers points de
la discussion. La forme ne peut venir de la puissance,
me ne peut sortir par évolution des énergies de la
semence, puisque: 1° la puissance, simple qualité, n'a
12 Deabdit. rer: caus., 1: 4/ch2v, pn42i