‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 205 sur 345 · DEUX SOLUTIONS OPPOSÉES · texte numérisé non relu

DEUX SOLUTIONS OPPOSÉES

parole à Platon, dans une prosopopée d'un beau mouvement oratoire!. Eudoxe, luinon plus, n’est pas à court de raisons. Il prouve à son interlocuteur qu'il n'a pas compris les passages qu'il à cités, et l’accable à son tour sous le poids des autorités. Peu à peu, la discussion devient plus vive et plus pressante. Eudoxe, par une série de questions adroites qui rappellent les plus habiles procédés de la dialectique socratique, amène Brutus à se contredire, et à confesser qu'il ne se fait pas une idée claire et précise de l’âme qu'il admet dans la semence.

« Eud. — Répondez-moi brièvement. L'âme ne se « trouve pas dans la semence de la même façon que dans « l’animal parfait ?

« Br. — J'en conviens. Dans l'animal elle est en acte, « et dans la semence, en puissance seulement.

« Eud. — Néanmoins, lorsque vous dites que l'âme «est en puissance dans la semence, vous dites aussi que « la substance même de l’âme s’y trouve ?

« Br. — Certainement.

« Eud. — Y est-elle donc tout entière, comme dans « l’animal parfait, ou en partie seulement?

«€ Br. — C'est la question d'un fou ou d’un obstiné. « Personne n'oserait la faire, ou, s'il l'osait, on se moque- « rait de lui.

«€ Eud.— Moi je lose. La fin montrera si elle est ridi- « cule ou non. Répondez.

«€ Br. — La réponse n'est pas difficile. Il n’y a pas dans

« la semence une âme aussi parfaite que dans l'animal « complet.

« Eud, — Continuez. L’Âme est-elle tout entière dans « la semence, ou n'y en a-t-1l qu'une partie ?

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