‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 206 sur 345 · LEUR EXAMEN · texte numérisé non relu

LEUR EXAMEN

«€ Br. — Je ne puis dire qu'il n’y en ait qu'une parte, puisque l'âme n’a pas de parties qui puissent exister à part du tout.

« Eud. — Elle y est donc tout entière?

« Br. — Oui, tout entière, mais d’une manière moins parfaite.

« Eud. — Voyons, cette âme moins parfaite que

vous admettez dans la semence, n'est-elle pas du mémemgenreset de la même essence que l'âme parfaite ?

« Br. — Oui, mais d’un ordre et d'un degré inférieurs, car Alexandre ne l'appelle pas forme en acte avant

qu elle ait acquis la perfection. l'ant qu'elle est encore obseure et imparfaite, 1l la nomme puissance.

« Eud. — Voyez dans quel piège peut vous faire tomber votre adversaire.

« Br. — Dans lequel, je vous prie ?

« Eud. — Vous prétendez qu'une forme substantielle

est susceptible de degrés, et qu'une forme peut être plus noble qu'une autre forme de même espèce.

« Br. — Mettons, si vous aimez mieux, qu'elles soient de genres différents.

« Eud. — Si vous les faites de genres différents, Je

serai au port, et la question sera résolue. Vous serez arrivé à ce que vous vouliez éviter à tout prix. Car, avant que l’animal sorte de la semence, 1l faut que l'essence de sa forme ait changé, et qu'elle ait passé par les formes intermédiaires. Il n’y avait donc dans la semence rien de la forme définitive. C'est tout ce que je me proposais de démontrer, et c’est là que je voulais en venir.

€ Br. — J'avais raison de penser que ces deux formes sont identiques quant au genre et à la substance. Je

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