‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 207 sur 345 · SUITE DE LA DISCUSSION · texte numérisé non relu

SUITE DE LA DISCUSSION

« ne sais par quels prestiges vous m'avez fait dire le con- « traire.

« Eud. — Alors, vous retombez dans le même bour- « bier. Si vous vous obstinez à y rester enfoncé, comment « expliquerez-vous que, de ces deux substances, l’une soit « moins parfaite que l’autre !? »

En vain Brutus essaie d’équivoquer. Il voudrait bien établir pour la forme qu'il admet dans la semence un mode d'existence intermédiaire entre les substances et. les qualités, et montrer par là qu'elle est susceptible d'augmentation et de diminution. Cette opinion renouvelée d'Averrhoës ne trouve pas grâce devant Eudoxe, qui en fait toucher du doigt les conséquences.

« Eud. — Si vous n'êtes pas plus homme que l'enfant, « n1 l'enfant que le nourrisson, il s'ensuit que vous n’avez «€ pas une âme plus parfaite que l'enfant, mi l'enfant que « le nourrisson, ni le nourrisson que le fœtus, n1 le fœtus « que la semence, dans laquelle vous admetltez que l'âme « se trouve. Tous ont une seule et même perfection. « Car, si l’homme n’admet pas la différence du plus ou « du moins, il en sera pareillement de la forme de « l'homme, qui est certes une substance plus noble que « l'homme lui-même. Si done vous dites que la semence « est animée, et qu’elle possède une âme identique à la « vôtre, cette Âme ne sera pas moins parfaite que la vôtre « et la semence ne sera pas moins homme que vous ne « l’êles vous-même... Les substances, dit Aristote, sont « en quelque sorte comme les nombres. Si l’on ajoute ou « si on retranche à un nombre une quantité, quelque « petite soit-elle, ce n’est plus le même nombre, mais un « autre. Un nombre n’est pas plus ou moins un nombre.

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