LA SUBSTANCE N’A PAS DE DEGRÉS
«€ Ilen est de même de la substance. S'il en est ainsi, « rien de la forme de l'être engendré n’a pu être dans sa « malière, et la puissance antécédente ne parücipait en « rien à la forme à venir. Mais elle était une préparation € à la forme. Elle ne peut n1 attirer la forme, ni la faire « sortir d'elle-même par force ou par nécessité; mais, « passive plutôl qu’active, elle organise la matière com- « mune de toutes choses. la prépare, et la rend propre à « recevoir la forme !. »
Brutus n’est pas convaincu : il tente de lutter encore à coups de citations grecques, mais la diversion ne lui réussit pas, car, sur le terrain de l’érudition, Eudoxe est un terrible adversaire. Il oppose un texte à un autre, une interprétation exacte à une conjecture erronée. Le principe de mouvement communiqué par le père à la semence, dit-1l, ne doit rien à l’âme et n’a rien de commun avec elle. La forme, ou l’âme, n’était en rien dans la semence: elle est introduite tout d’un coup, et en entier, par une influence céleste, ou, suivant l'expression d’Aristole, par le soleil, moteur de toutes choses. Brutus, tout étourdi d'une théorie si nouvelle pour lui, quitte la compagnie pour reprendre ses esprits, et Philiatros résume toute la controverse dans un passage essentiel, qui conclut la dis- CUSSION :
€ Ph. — Tout ce que la nature produit est originaire- « ment constitué par une matière el par une forme. « Comme la forme est de beaucoup la plus importante, « c'est elle que nous appelons le plus souvent nature. De « même que les choses créées ne sont n1 stables n1 per- « manentes, mais au contraire fragiles et périssables, de « même la forme par laquelle une chose existait n’a pas