‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 209 sur 345 · D18 FIN DE LA DISCUSSION · texte numérisé non relu

D18 FIN DE LA DISCUSSION

pu de toute éternité être unie à la matière. Elle s’y est jointe un jour, et cela tout d'un coup et en un instant. C’est ce que nous appelons la naissance. Elle en sortira pareillement un jour, et ce sera la mort. Mais, avant que la forme descendit dans la matière, elle avait besoin que celle-ci subît une préparation et une appropriation sans lesquelles l'union eût été impossible. Cette préparation s'appelle puissance ; elle n'est pas une parte, si peu que ce soit, de la forme à venir ; elle n’est, comme je l'ai dit, qu'une organisation préalable. L'être qui en engendre un autre lui confère cette puissance, tantôt directement, tantôt au moyen de la semence ou de quelque autre intermédiaire convenable. Cette préparation du corps est multiple et variée : elle consiste dans l’union des quatre éléments intimement combinés entre eux par un tempérament, mais conservant leur intégrité, dans la conformation proportionnée du corps, dans la conjonetion appropriée des parties, enfin dans l'action modératrice des esprits innés. Toute cette série de puissances dépend de la force de la semence et de celui qui l'a émise. Mais, lorsque la préparation est achevée (ce que nous appelons consommation de la puissance), la forme arrive de l'extérieur par une nécessité naturelle et pour ainsi dire inévitable. Elle est absolument simple ; elle n’est en rien un composé des formes sujeltes; mais, en raison des facultés divines qu'elle possède, elle peut remplir beaucoup de fonctions. Ceux qui ne jugent que d’après les sens et qui ne remarquent que la cause la plus prochaine, croient que la forme est tirée de la puissance de la matière. Cette opinion a été réfutée par beaucoup d’arguments efficaces. Lorsqu'un être engendre soit directement, soit par l’intermédiaire de la semence, un autre être de même nom et

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