‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 222 sur 345 · D34 LE «© SENSORIUM COMMUNE · texte numérisé non relu

D34 LE «© SENSORIUM COMMUNE

de comprendre comment, d’après cette théorie physiologique, se produisent les sensations. Il y a autant d'espèces d’esprits animaux qu'il y a de sens différents. Ceux de la vue ne sont pas les mêmes que ceux de l’odorat ou du goût, et chacun d’eux est localisé dans une partie déterminée de l’encéphale !; 1l y a ainsi un certain nombre de centres particuliers dans le cerveau, et l’ensemble du cerveau constitue le centre commun, le sensorium commune.

Il faut donc, pour qu'il y ait sensation, que trois conditions se trouvent réunies : présence d’un objet extérieur, organe du sens, centre cérébral. C’est ce dernier seul, à vrai dire, qui sent, l'organe et les nerfs n étant que des conducteurs. Un double courant circule en effet entre la périphérie et les centres encéphaliques ; 1l est conduit par les nerfs, que Fernel se représente comme des canaux creux, à l'intérieur desquels les esprits circulent, de la même façon que l’air dans un tube ?. Lorsqu'un objet agit sur les organes des sens, les esprits animaux sont mis en mouvement dans la direction du cerveau ; arrivés là, ils impriment les images des objets dans la substance cérébrale. Et, comme chaque sens a ses esprits particuliers et son organe distinct dans la masse du cerveau, les empreintes faites par le même objet diffèrent suivant le sens que l’on considère. De là vient que les sensations sont spécifiques, et que nous distinguons, dans un même objet, les données de la vue, du goût, et ansi du reste. Lorsque l’âme, au heu d’être affectée par les impressions venues de l'extérieur, réagit contre elles,

LAPhUyS OM AG EN. D 2;

2. «a sensibus viæ quædam et foramina patent, per quæ haustæ « rerum imagines in illud (cerebrum) tanquam in arcem confluunt » Hbrid. MS chris p. 408

Page 1