LA PERCEPTION EXTERNE
sation est l'opération en vertu de laquelle cette puissance
passe à l'acte. C'est la forme des choses, sans leur matière, que l'âme connaît, et l’impression organique, qui nest pas encore dégagée de la matière, n'est que le commencement de la sensation. L’altération subie par les organes des sens et par le cerveau n'a pas pour résultat une image matérielle et figurée ; comment pourrait-on en effet concevoir l’image d’une odeur, d'une saveur, d'une couleur ? ! Ce n’est que métaphoriquement que l’on assimile l'impression faite sur le cerveau à l'empreinte d'un cachet.
On voit quelle analogie cette théorie de la perception externe offre avec celle d’Aristote. À vrai dire, elle en est directement inspirée, et Fernel l’a restituée dans sa profonde simplicité, à l'encontre des scolastiques. Ceux-et, interprétant mal les expressions d'Aristote, perdaient de vue que, chez lui, la forme est un principe abstrait. Trompés peut-être par l'analogie des mots, 1ls voyaient dans ce que Aristote appelle Doc quelque chose de semblable aux sidwAax des Épicuriens. Saint Thomas, par exemple, en arrivait à croire que les images sont représentatives des objets, et que nous les percevons immédiatement. Pour éviter les conséquences matérialistes de cette hypothèse des idées-images et pour la concalier avec la spiritualité de l'âme, les scolastiques avaient inventé la fameuse distinction des species impressæ et des species eæpressæ. Il faut savoir gré à Fernel de ne point s'être lancé dans ces subtilités. Mais, s’il a été plus fidèle que les scolastiques à la pensée d’Aristote, il ne paraît pas s'être dégagé complètement de leur influence, et sa théorie de la perception reste, malgré tout, une théorie des
1#PhySiol 16 ch alain.