LES IDÉES-IMAGES
idées-images. Il dit bien, il est vrai, que ce sont les formes des objets (au sens aristotélique) et non leurs empreintes qui sont perçues ; mais malgré cette affirmation, il raisonne comme s’il s'agissait d'images matériellement enregistrées par le cerveau. Ses expressions sont caractéristiques à cet égard. Il les appelle indifféremment species, imagines, speclra, simulacra, effiqies. I dit que les objets extérieurs « émettent des images, qui s'im- « priment dans le cerveau, y demeurent on en dispa- « raissent, suivant la profondeur de l'impression ! ». D'ailleurs il serait impossible de comprendre autrement sa théorie de la mémoire et de l'imagination. S'il n'a pas cru, avec les docteurs du moyen âge, que les images perçues par nous sont analogues aux objets et en sont comme les substituts, il a donné de la perception une explication toute physiologique. Ses vues, assez analogues à celles de Descartes et des psycho-physiologistes contemporains, marquent un effort réel pour compléter la théorie d’Aristote en l’appuyant de considérations scientifiques.
Cette tendance est plus manifeste encore dans les analyses qu'il consacre à chacun des sens, et qui, dans leur brièveté voulue, sont des modèles de précision *. Les