L'OUÏE
leurs la petitesse de l'œil s'oppose à cette hypothèse. Dans le second, 1l serait inadmissible qu’un rayon émané de l'œil pût parvenir jusqu'aux astres et traverser la masse d'air qui nous en sépare. Fernel n’a aucune idée d’une vibration moléculaire qui caractérise l'état lumineux des corps. D’après lui, la lumière n'est ni un corps, n1 quelque chose de corporel, et il en donne cette définition singulière : « La lumière est l’acte et la perfection de « ce qui est Inmineux, ou la présence d’un corps « éclairé !. » Ce qui prouve son immatérialité, c’est qu'elle se transmet instantanément, et qu’elle se propage avec une grande facilité dans les milieux transparents. « La vision « a leu lorsque l'air transparent et éclairé transmet à l'œil « la couleur ou l’image d'un objet. Cette image pénètre « par la pupille et arrive à l'humeur vitrée. De là, les « esprits la conduisent, le long des nerfs optiques, jus- « qu'au cerveau et au centre commun des sensations ?. »
La vue diffère de l’ouïe en ce que ses opérations s’effectuent avec une rapidité beaucoup plus grande; mais le mécanisme des deux sensations est analogue. L’instrument principal de l’ouïe, c'est un air très subtil, enfermé dans la partie profonde de l'oreille par une membrane à laquelle vient aboutir l'extrémité du nerf acoustique, issu du cerveau. Son objet, c’est le son, avec ses différentes qualités. Le son est produit par le choc des corps, et transmis par l’air qui se trouve entre eux ; l’ébranlement de l'air se transmet de proche en proche, comme les ondulations des vagues, jusqu’à ce qu'il arrive à l'oreille externe. Il n'est donc pas instantané. La membrane, agitée par l'air extérieur, communique ses vibrations à l'air
M Phasiol, 176,:ch:x.
2 LDId:, D: 190,
à i . À 240 L'ODORAÏ. == LE GoùûT
subtil de l’intérieur, et celles-e1 sont transmises au principe sensitif par l'intermédiaire de l'esprit !.
Le siège de l’odorat est situé profondément à l’intérieur du crâne, dans la partie du cerveau contiguë à la base du nez. Cela prouve, pour Île dire en passant, que les sens sont appelés externes non parce que leurs organes sont placés extérieurement, mais parce que, en vertu de leurs propriétés spécifiques, ils donnent à l'animal la connaissance du monde extérieur. Les odeurs se transmettent par l'air (et par l'eau pour les animaux aquatiques). Elles ne sauraient être recueillies par les esprits que si les conduits des narines étant ouverts, elles peuvent pénétrer dans leur intérieur. La perception olfactive n'a donc lieu, chez les animaux supérieurs, qu'à la faveur de l'air inspiré. Au contraire, chez les insectes et les poissons, qui n ont pas de respiration alternative, les conduits sont toujours ouverts, et par là s'explique la finesse de l’odorat chez ces animaux *.
Le goût réside dans le tissu spongieux de la muqueuse qui tapisse la langue, le palais et la gorge. Il ne peut s exercer qu'à la condition que ces parties soient imprégnées d'une humeur qui dissolve les objets. Les corps insolubles n'ont aucune saveur, el les maladies qui dessèchent la bouche et la gorge ont pour effet de pervertir ou d'abolir le sens du goût *.
Le toucher, sens vital par excellence, n’est localisé dans aucun organe spécial ; 1l est répandu dans tou le corps. Il a pour objets les qualités tangibles, qualités qu'il est impossible de désigner d’un seul mot. Ce sont des con-
4. Ce n’est pas le son, à proprement parler, qui est perçu, mais une image du son : «recepta strepitus imago » (Physiol., 16 ECh Ni netsU