‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 229 sur 345 · LE TACT · texte numérisé non relu

LE TACT

traires, le chaud et le froid, l'humide et le sec, le mou et le dur, le rugueux et le poli, le lourd et le léger. Quelques philosophes en ont conclu l'existence d'autant de sens tactiles qu'il y a de qualités différentes dans les corps extérieurs; mais leur méthode est mauvaise, dit Fernel. C’est la différence des organes et des fonctions, et non celle de leurs objets, qui fait la différence des facultés !, Or l'organe du tact est unique, en dépit des apparences. Nous percevons, 1l est vrai, les impressions tactiles avec toutes les parties de notre corps, mais celles-ci ne sentent pas : elles ne font que transmettre l'impression au cerveau, seul organe du tact : « ..…... tangendi vim non esse «nervis ingenitam, sed a cerebro quemadmodum et reli- «€ quas continenter defluere et 1llabi : neque externum « Laclum posse rerum qualitates dijudicare, sed instru- € mentum duntaxal ejus esse facultalis, quæ princeps in « cerebro consedit?. » Il n’y a donc qu'un seul sens du tact, une seule faculté, comme il n’y a qu’un seul organe. Ce sens diffère de tous les autres en ce qu'il ne perçoit pas indifféremment tous les objets qui lui sont soumis. Ici intervient la notion du tempérament. Les objets ne sont perçus que sils ont un tempérament différent de celui des organes : car, éprouver une sensation, c’est pâtur, et l'on ne pâtit que de ce qui est dissemblable. Les autres sens sont essentiellement différents de leurs objets, aussi leurs opérations sont-elles immédiates et spontanées. L'organe du tact, au contraire, ne perçoit rien en présence des objets dont le tempérament est identique au sien, parce que, au fond, sa constitution ne diffère pas de la leur ?.

te HhysoleNt. S env, ps 109:

AMIE MAG CNE DAS 3. Ibid., 1.5, ch. vis, p.105. — Sous ce langage scolastique se cache une idée très simple et très juste. Le tempérament d’un corps, relativement

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