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LES SENS INTERNES

Joue un si grand rôle dans l’aristotélisme et dans la philosophie du moyen âge, l'imagination et la mémoire !. Ce sont des facultés, et non des parties de l’âme ; elles diffèrent entre elles, mais elles émanent du même principe.

Le sens commun (roûtov xiclntixéy d'Aristote, sensus communts des scolastiques et des modernes) est la faculté générale qui centralise toutes les sensations dans un organe commun, et effectue leur comparaison. Cet organe, qui pour Aristote est le cœur, est le cerveau chez Galien et chez Fernel. C’est le sensorium commune, où a lieu la reconnaissance des sensations. L'existence d’une faculté générale chargée de ramener à l'unité les données apportées par les différents sens est une conséquence nécessaire de toute théorie qui explique la perception externe par des idées-images. Il n’y a en effet rien de commun entre les diverses impressions sensibles, considérées en ellesmêmes. Chaque sens n’est compétent qu'en ce qui le concerne, et les divers groupes de sensations forment, pour

1. En n’admettant que trois sens internes, Fernel a simplifié la classification du moyen âge. Avicenne en compte cinq : sens commun, imagination, fantaisie, estimative, mémoire. La fantaisie est la faculté qui retient les perceptions des objets sensibles, l'imagination celle qui les combine.

Dans Saint Thomas, les sens internes sontau nombre de quatre : sens commun, imagination, estimative et mémoire. L’estimative est la faculté qui s'empare des perceptions se rapportant à des objets individuels. Pour Saint Thomas, les sens sont dans l'homme ce qu'ils sont dans l’animal ; il en est de même du sens commun et de l'imagination, ou du moins de l'imagination passive {ce qu'Avicenne appelle la fantaisie). Mais ce qui est l’eslimative dans l'animal devient dans l’homme la cogilalive, que quelques scolastiques appellent aussi raison particulière. « C'est la puissance qui associe, rapproche et compare les perceptions « individuelles, de même que la raison intellective compare et associe « les jugements universels » (Combes, Psychol. de St Thomas d'Aquin,

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