‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 236 sur 345 · DEUX SORTES DE MÉMOIRE · texte numérisé non relu

DEUX SORTES DE MÉMOIRE

l'un comme chez l’autre, elle consiste à emmagasiner passivement les images fournies par les sens. Lorsque ces images ne font qu'effleurer le cerveau, elles ne tardent pas à disparaître; elles subsistent au contraire, « allius quasi in thesauros condita! », lorsque leur impression a été plus profonde. C’est uniquement l'énergie des sensations et la constitution du centre cérébral qui conditionnent la mémoire. Aussi est-elle faible et inconstante chez l’enfant et chez le vieillard : l’un ne peut garder les impressions, l’autre ne peut les recevoir.

Fernel a, il est vrai, reconnu que la réflexion augmente la durée des souvenirs, parce qu'elle n’est qu'une répétiton des images. Il a admis aussi qu'il existe deux sortes de mémoire: l’une, passive, qui consiste dans la conservation des images ; l’autre, active, qui consiste dans leur réapparition et dans leur reconnaissance comme ayant été déjà perçues *. Cette dernière serait le privilège des animaux qui ont la notion du temps, et qui, en présence d’une image, se représentent l'objet par lequel elle a été autrefois imprimée dans leur cerveau. Le souvenir et la notion du temps sont dus tous deux à l’âme sensitive. Elle ne connaît pas, à vrai dire, le temps en lui-même, mais la série de ses propres impressions. Fernel propose donc cette définition : « La mémoire est la représentation « d’un objet absent par la vue de son image, avec la « notion du temps passé *. »

de son côté, distingue, bien mieux que Fernel, le souvenir humain, fait d'attention et de conscience, du souvenir animal, simple réapparition sensible. L'homme a la mémoire complète, l'animal la réminiscence seulement. « Differt memoria a recordatione ete. » (v. Riol., Comment.,

pr6b).

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