LA VEILLE ET LE SOMMEIL
sensibilité est astreint à des alternatives de veille et de sommeil. La veille n’est que l'exercice et le mouvement des sens ; le sommeil, leur repos et leur arrêt. Les sens, comme on l’a vu, ne sont que des intermédiaires : ils recueillent des impressions, que les esprits animaux transmeltent au centre cérébral. En dernière analyse, la sensation à pour condition essentielle le mouvement des esprits. Or, il n'y à pas de mouvement perpétuel. Lorsque l'animal a fait, pour ainsi dire, une grande consommaüon d’esprits, 1l faut de toute nécessité qu'il s’en reforme de nouveaux, et que pendant ce temps les opérations qui les dépensent s'interrompent !. Cette interruption, c’est le sommeil. Il peut être produit aussi par des causes matérielles, qui mettent obstacle à la circulation des esprils, par exemple les vapeurs du vin, ou un froid excessif qui amène la léthargie.
L'explication du sommeil est donc tirée de considéraons physiologiques. Ce phénomène n’est, en somme, que l'épuisement ou l'arrêt des esprits animaux. Ceux-ci étant élaborés par le cerveau, d’où ils se distribuent dans toutes les parties du corps, il s'ensuit que le sommeil n'’affecte pas tel ou tel sens, tel ou tel organe isolément. Ce qui est atteint, c'est la source même de l’activité sensorielle, le sens commun. Aussi, lorsque le cerveau se trouve fatigué par un effort prolongé, ou qu’un arrêt dans le mouvement des esprits suspend sa communication avec les organes, ceux-ci deviennent inertes; ils prennent congé * et se soumettent à un repos sans lequel ils seraient incapables de remplir leurs foncüions; ou plutôt, ce ne
Le Phys ",6, ch. kr, p. 105.
2. Ibid, 1: 5, ch. var, p. 107 : & .. ,Somnus obrepit, in quo vacatio- « nem quamdam feriarum vice habent sensus omnes... »