‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 241 sur 345 · DIVERS DEGRÉS DU SOMMEIL · texte numérisé non relu

DIVERS DEGRÉS DU SOMMEIL

sont pas les organes qui se reposent, mais le sensorium commune, dont ils ne sont que les instruments, el d'où procède toute leur énergie. L'existence de l'animal implique une succession de périodes d'activité et de périodes de repos. Le sommeil est une condition de vie et de santé : c’est une nécessité d'ordre général, etil n'est nullement besoin de l’attribuer à une faculté distincte. Entre les deux états extrêmes qui sont l’insensibilité absolue et l’activité parfaite, existent un grand nombre d'états intermédiaires, et l'on passe de la veille au sommeil par des degrés insensibles. C’est là un fait d'expérience que Fernel a parfaitement constaté. L’explication qu'il en donne est ingénieuse, et se rattache étroitement à sa théorie des trois sens internes. Il peut arriver qüe tous les trois se trouvent atteints par le sommeil, ou bien que l’un d'eux garde encore quelque activité pendant le repos des deux autres. De là des effets différents. S1 le sommeil est profond et complet, toutes les facultés s'arrêtent: la vie organique continue, mais la vie de relation est suspendue. L'animal ne peut n1 sentir, ni connaître, nl imaginer. À plus forte raison ne peut-il se souvenir de rien, puisqu'on ne se souvient que de ce que l'on a perçu. Aucun songe ne vient troubler son sommeil, dans cet arrêt absolu de toutes les fonctions. C’est que les esprits sont totalement épuisés par suite d'une lassitude excessive, ou sont arrêtés, comme chez l’animal qui s'endort dans la première période de la digestion !. Dans d'autres cas, le sommeil est plus léger. Les vapeurs des aliments et des boissons gênent la circulation des esprits sans l'empêcher complètement. Alors, il peut se produire des perceptions confuses et de légers mouvements. C'est

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