L'APPÉTIT NATUREL
partie du corps. C’est grâce à lui que les parties extratent du sang l'aliment particulier qui est nécessaire à chacune d'elles et se l'assimilent !. Il porte le nom d’appétit naturel, et, pour les animaux, son siège est dans le foie.
Voilà tout ce que Fernel nous dit de l'appétit naturel : douze lignes en tout, disséminées dans deux chapitres *. Et, à vrai dire, il semble qu'il aurait été assez embarrassé pour en parler plus longuement. Déjà Galien n'avait admis qu'avec une certaine hésitation l'existence de cet appétit, dont on ne peut rien dire, si ce n’est qu'il existe. Et il n'existe que par une nécessité purement logique, afin de compléter la trinité que le dogmatisme galénique établit comme loi suprême de la vie. II y a trois âmes, trois esprits, il faut qu'il y ait trois appétits. Car enfin, pourquoi, en quel sens l'appétit naturel est-1l localisé dans le foie? Quels sont les faits précis où se manifeste son action ? En tant qu'agent d’assimilation, par quels caractères se distingue-t-il de la faculté attractive, précédemment étudiée, et attribuée à l’âme naturelle? Autant de questions qui restent sans réponse el que Fernel ne songe même pas à se poser, préoccupé avant tout d'introduire dans sa classification une symétrie parfaite. Il agit comme ces architectes dont parle Pascal, qui font de fausses fenêtres pour ne pas déparer les façades. Une case menacet-elle de rester vide, il la remplit avec une faculté plus ou moins hypothétique. En revanche, des faits importants peuvent se présenter; s'ils sont de nature à compromettre la belle régularité de l'ensemble, ce sont des intrus qu'il faut exclure. Il y a là un vice de méthode que j'ai déjà signalé et qui a eu une influence néfaste sur toute la psychologie de Fernel.
LP hysiol 120, ch rep. PLUS; 2SIbid ul.5; ch.ixetl 0 Cchxm/aumuepbur