LES APPÉTITS ANIMAUX
Au-dessus des appétits naturels viennent les appélits animaux, dont l'importance est beaucoup plus grande, et qui donnent lieu à de plus longues études. Comme son nom l'indique, l'appétit animal est le privilège des animaux et de l’homme. Il ne peut exister chez les végélaux, parce qu'il est imvariablement lié à toute impression sensible. « Chez tous les êtres doués de quelque sensibilité, «€ l'appétit suit la sensation et pousse l’animal à recher- « cher ou à fuir l’objet qui l’a causée !. » Mais l'appétit est distinct de la sensation ; celle-ci est passive, celui-là est un principe d'action. « C’est un mouvement et une « agitation intérieure par laquelle l'animal est engagé à « rechercher ce qui lui est agréable ou utile ?. »
Le caractère essentiel de cet appétit, c'est d’être insünctüf et fatal. L'animal et même l'homme lui obéissent inconsciemment. Ils ne sont pas plus les maîtres de ses impulsions qu'ils ne le sont du fonctionnement de leurs organes. On voit déjà la conséquence. La faculté appétitive est dans l’homme ce qu'elle est dans l'animal ; à peine y a-t-ilune différence de degré entre les passions humaines et les instincts de la brute. Au fond, les unes et les autres sont les manifestations d'une puissance identique, et 1l faut bien qu'il en soit ainsi, puisqu'ils appartiennent exclusivement à la partie sensitive de l'âme. Aussi, ni l'intelligence, n1 même l'imagination dans sa forme su périeure, n'interviennent à propos des passions. Quant au rôle de la volonté, il est, comme on le verra, réduit à un minimum, et Fernel n'en dit quelques mots que par acquit de conscience. En réalité, il n'établit pas de distinction entre les êtres animés. Entre les appétits obscurs
1 Physiol:,;1À,5;6h5 5%, p.408, 2». Thid/, 1.6; Che x, p' 4154,