‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 246 sur 345 · LES APPÉTITS ANIMAUX · texte numérisé non relu

LES APPÉTITS ANIMAUX

des animaux les plus rudimentaires, les instincts des animaux supérieurs el les passions de l'homme, il ne voit pas, ou du moins n'indique pas de différence essentielle. Là comme partout apparaissent les deux caractères saillants qui marquent sa psychologie. D'abord elle est universelle : elle se présente non comme une étude spéciale de l'âme humaine, mais comme une science des conditions de la vie, considérée dans sa généralité. De là, une absence de nuances qui nous étonne. En second lieu, elle tend à aborder toujours les phénomènes psychologiques par le dehors, à les expliquer par des causes extérieures, des nécessités d'ordre logique ou des hypothèses, sans avoir recours au témoignage direct de la conscience.

C’est ainsi que, d’après Fernel, des causes physiologiques interviennent seules dans la formation des passions. L'ardeur amoureuse, par exemple, est produite par l’accumulation de la liquenr séminale, comme la faim et la soif par la vacuité et la sécheresse de l'estomac ‘. Rien de mieux tant qu'il s’agit de besoins physiques; mais Fernel applique la même théorie aux passions proprement dites, telles que la colère, l’avarice, l'ambition. Le mécanisme est toujours le même. Un objet perçu, une disposition momentanée des organes agissent sur les sens, et par eux sur l'imagination. Les images, éveillées par la présence de leurs objets ou rappelées en leur absence par l’imagination, produisent dans le cœur une effervescence du sang et de la bile. Le sang, violemment poussé par le cœur, afflue au sensorium commune et y détermine une perturbation qui se traduit par l'excitation des appétits *. Telle est la théorie qui rend compte de la formation des

1 /Rhiystol, 10 Ch ADAM SE 2. Ibid.

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