‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 247 sur 345 · LES PASSIONS · texte numérisé non relu

LES PASSIONS

passions, quelles qu'elles soient. Originairement, elles sont dues uniquement à des causes physiologiques. Des causes du même genre font que la passion, accidentelle à son début, devient peu à peu invétérée. Un mouvement qui s'est une fois produit dans le sang et dans les esprits les prédispose à se mouvoir plus facilement dans le même sens; par la suite, l'excitation a lieu sous l’influence d’une cause beaucoup plus faible, parfois même sans cause apparente. C’est de la sorte que l'ivresse mène à l'ivrognerie, que le désir amoureux, éveillé d'abord par la vue d’une belle femme, finit par naître hors de la présence de l’objet !. La passion, une fois formée, n est qu’une habitude organique.

Fernel n'a pas essayé de faire une classification des passions, ou du moins, elle n'apparaît pas nettement. Il y est revenu à trois reprises, et chaque fois à un point de vue différent *, D'une façon générale, l'appétit animal est localisé dans le cerveau. Mais, suivant qu'il affecte telle ou telle forme, 1l a dans le corps un certain nombre de foyers secondaires. Ces localisations, souvent fort hypothétiques, ont d'abord servi à Kernel pour distinguer quelques groupes de passions. Le foie serait l'organe et le siège des passions concupiscibles, que Fernel appelle du nom général de cupiditates. Le cœur, celui des passions 1rasCibles, dont la colère (tra) est le type. Le diaphragme et l'estomac, ceux des besoins physiques. D’après Fernel, le principe de ces localisations est établi expérimentalement. « [l est naturel, dit-1l, de placer chaque « faculté dans la partie du corps où son action pertur- « batrice se fat le plus évidemment sentir *. » Partant

4 Phystol: "T6, eh. xir,/p. 455.

Ltd, 115, pra0s et ll 0 Ch. x, 3. 1bid.,-L:5,2ch; xix,"p. 120:

Page 1