CLASSIFICATION DES PASSIONS
de là, il constate avec beaucoup de justesse l'impression pénible que l’on ressent au cœur sous l'influence de cerlaines passions; il en est de même de la sensation de pesanteur ou de constriction que font éprouver dans l’estomac la faim ou la soif. Mais il lui aurait été difficile d'essayer une pareille démonstration pour le foie, et sa localisation des passions concupiscibles dans cet organe reste purement théorique.
Il l'a d’ailleurs compris lui-même; ce qui le prouve, c'est que, dans son énumération des passions, 1l a renoncé à les grouper d’après des considérations physiologiques, et il les a classées suivant la nature de leurs objets. En soi, dit-il, la passion est un excès ou un défaut. Toute passion a donc une passion contraire, et entre Îles deux se trouve un état d'équilibre 1, Et, laissant de côté toute classification systématique, 1l étudie successivement 1° les besoins physiques et les inclinations perverties qui en viennent; 2° les passions qui viennent de l'espérance d'un bien ; 3° celles qui viennent de la crainte d'un mal à venir; 4° celles qui viennent d’un mal présent ; 5° celles qui viennent d’un bien présent.
Il y aurait sans doute des réserves à faire sur cette classification. Elle a au moins le mérite de la simplicité; les analyses de Fernel à ce sujet sontexactes, ingénierises et méritent d’être citées. « Lorsqu'un homme se voit « outragé, la force passionnée du cœur qui est son appé- « tit, et que les Grecs appellent Oiuwstie, est violemment « excitée. Il désire se venger et punir son insulteur; 1l «est en proie à la colère. Si cette colère est passagère, « ce n’est qu'un mouvement d’emportement; si elle per- « siste, c’est de la haine; plus animée, c’est de la discorde ;
LORD USO LPS ACLRRIS, 20 AU: