‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 25 sur 345 · FERNEL SE FIXE A PARIS · texte numérisé non relu

FERNEL SE FIXE A PARIS

longueur du degré 56.746 toises. L'erreur de Fernel n était donc que de trois cent vingt-quatre loises ; erreur insignifiante, si l'on tient compte des instruments rudimentaires dont 1l se servait.

Tout en menant de front les mathématiques et les études médicales, Fernel avait conquis son diplôme de docteur. IL était définitivement fixé à Paris, connu et apprécié dans le monde scientifique. Il semble qu'il dût ne tenir qu'à lui d'arriver à la fortune et aux honneurs, et de réaliser les espérances que sa famille fondait sur lui. Sa modestie l'en empêche encore : il ne se croit pas assez instruit. « Il était, écrit Plancy, convaincu de cette vérité, quon « ne retire des disputes scolastiques qu'une bien faible « connaissance de la médecine, ou pour mieux dire un « commencement de connaissance, laquelle devient inutile « et s'évanouit entièrement si onne travaille point à « l’étendre par une application continuelle. » Sans doute avait-il raison : l’enseignement scolasltique, purement théorique et verbal, était une préparation insuffisante à l'exercice de la profession médicale. Ce qui nous étonne, c'est le genre d’études que des esprits sérieux comme Fernel se croyaient obligés de s'imposer. Ce n'est point son expérience qu'il jugeait insuffisante, c'est son érudition littéraire. Aussi, renonce-t-1] pour quelque temps à la philosophie et à la médecine, et consacre-t-1l quelques années à la lecture des auteurs anciens. Il se la d'amitié avec un professeur fameux de ce temps, Jacques Destrebay, lui enseigna les mathématiques et fut en retour initié par lui à toutes les finesses de la rhétorique et du beau langage. Que cela fût indispensable à un médecin, on peut en douter; mais il ne faut pas en juger d’après

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