MARIAGE DE. FERNEL
nos idées actuelles !. En touscas, on s'explique assez bien que Fernel ait été par la suite un adversaire résolu de ceux qui voulaient introduire l'usage du français dans la médecine. Son talent de latiniste lui avait coûté assez cher pour qu'il l'estimät à haut prix.
Sur ces entrefaites, 1l s'était marié. Plancy, si prodigue de détails sur les études et les succès de son maître, relègue ce fait dans une parenthèse, et ne le mentionne qu'incidemment. Il ne nous dit rien de la femme qu'épousa Fernel, ni des circonstances dans lesquelles eut lieu son mariage. Tout ce que nous savons d’ailleurs est qu’elle se nommait Madeleine Tournebulle, et quelle était fille d'un conseiller au Parlement. Ce conseiller était un homme pratique, qui ne comprenait pas que son gendre, au lieu de se faire une clientèle lucrative, perdit son temps aux mathématiques, dont 1l n'y avait guère de profit à attendre. I] faut dire que ce goût pour les sciences exactes devenait pour Fernel une véritable passion. Ni la tendresse de sa femme, n1 les caresses de ses enfants, ni le souci de ses affaires ne pouvaient l'y arracher. Il s'était mis à faire construire des instruments astronomiques, et avait établi chez lui un atelier où des ouvriers travaillaient sous sa direction. Tout cela ne laissait pas de coûter fort cher, et non seulement Fernel, avec l’in-
1. Ce n'est pas une médiocre surprise pour le lecteur moderne que de voir quelle importance on attachait à cette époque à l’érudition. La part de l'instruction pratique était presque nulle dans les examens. Encore en plein xvure siècle, Freind écrit : « Le médecin habile et qu'il « faut choisir entre tous est celui qui aura de l’érudition et de l'expérience. « Mais sil’une de ces qualités doit manquer, mieux vaut celui qui n’a point « d'expérience que celui quiignore la doctrine des anciens. Celui qui ne « connaît pas les Lettres, ou qui les connaît superficiellement, ne mérite « pas confiance et n’a aucune chance dese distinguer dans sa profession. » (J. Freind, Hist. de la méd., trad, en latin par J. Vigan, 4735, p. 240.)
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