LA VOLONTÉ
rangée parmi les facultés intellectuelles !. La difficulté commence lorsqu'il s’agit d'en déterminer les caractères, et Fernel ne l’a fait que très vaguement. Lui qui est ordinairement prodigue de distinctions, il n'en donne qu'une ici : « L'appétit animal est excité par ce qui semble bon, « sans l’être toujours réellement; les choses réellement « bonnes excitent seules l'appétit rationnel. I ne peut « être éveillé que par le désir des vrais biens *. » Les appétits sont aveugles, la volonté est éclairée et libre. Différence importante à condition qu'elle soit fondée.
Mais n'est-ce pas se faire une idée fausse de la liberté que d'attribuer à la volonté non seulement la connaissance infaillible du bien et du mal, mais encore le mouvement instinctif et sûr vers le bien? Si la volonté tend nécessairement au bien comme l'aiguille aimantée au pôle, en quoi sa clairvoyance diffère-t-elle de linstinct des an1maux ? Et surtout, peut-on l'appeler la volonté libre, en donnant à ce mot tout son sens et toute sa valeur? Ces difficultés n’échappaient certainement pas à Fernel: mails il était prisonnier de sa méthode et de sa terminologie. Aussi ses analyses sont-elles vagues et souvent presque contradictoires.
Sa théorie de la volonté, en effet, est double. Tantôt 1l la considère comme puissance appétitive, tantôt comme faculté intellectuelle *, et, bien qu'il proclame que la
: V. plus loin, ch. x.