CONSÉQUENCES DÉ LA THÉORIE
elle, elle est impersonnelle, et, de même qu'il y a des vérités qui s'imposent à toutes les intelligences, de même les déterminations à prendre en vue du bien et en haine du mal s'imposent à toutes les volontés. Lorsque l’homme se laisse emporter par la passion, la volonté n'y est pour rien, l'appétit animal est seul responsable; la volonté n'intervient que pour le diriger vers le devoir. On fait le mal par appétit, le bien par volonté. « Lorsque les objets « ont une apparence bonne ou mauvaise et que nous les « recherchons ou les évitons par raison, nous obéissons € à l'appétit rationnel {la volonté) ; si au contraire l'attrait « du plaisir l'emporte sur la raison, l'appétit qui nous « entraîne n'a rien de rationnel !. »
Il n’y a pas à s'y tromper, Fernel a méconnu cet élément essentiel de l'acte volontaire, la hherté, ou du moins il n'y a guère attaché d'importance. Par là, sa théorie reste superficielle et incomplète. Dire que la volonté humaine est libre, qu’elle est « la reine des facultés », le plus beau privilège de l’homme, c'est d'une excellente philosophie, à moins que ce ne soit le plus banal des lieux communs. Je crains bien que ce dernier cas ne soit celui de Fernel. Quand il parle de la volonté libre, 1l n’y a là qu'une épithète consacrée par l'usage. Comme tous les psychologues qui abordent l'étude de l'âme par le dehors et ne se préoccupent guère d'interroger directement la conscience, 1l s’est exposé à des critiques auxquelles n'échappe pas Aristote lui-même. Il n'a pas vu, ou pas montré, que la volonté se distingue en nature et non en degré, d'une part des appétits et des désirs, d'autre part de l'intelligence et de la raison. Faute de cette distinction, la volonté apparaît dans sa théorie comme marquée de ce
dPhuysiol,, 10, che, p. 100.