LA LOCOMOTION
caractère de fatalité qui appartient aux appéüts et d'impersonnalité qui appartient à la raison. Certes. 1l ne s’est pas proposé d'écrire un traité de morale, etil ne convient pas de lui demander plus qu'il n'a voulu faire. Mais enfin, on ne peut s'empêcher de faire une remarque : Fernel n’a rien d’un sceptique, rien d'un malérialiste, tant s’en faut. Et pourtant, si l'on tirait rigoureusement toutes les conséquences de sa théorie de la volonté, elle aboutrait à une morale fataliste et sceptique, ou plutôt à une doctrine dans laquelle l’idée même de la moralité serait une négation et un non-sens !.
Le même caractère d’automatisme se retrouve dans la théorie que Fernel donne du mouvement. Là encore, il a recours surtout aux considérations physiologiques. Il n'y aurait pas lieu de s’en étonner si, par un étrange renversement de méthode, il ne prétendait fonder sur elles l'explication du phénomène psychologique. Et le pire, c’est qu'il emprunte à Galien une physiologie de fantaisie, où les hypothèses sans fondement et les entités verbales se mêlent aux faits d'expérience d’une façon déconcertante. C’est un exemple curieux de l'ingéniosité avec laquelle l'esprit de système sat mettre au service d'une théorie préconçue des imaginations, coordonnées d’ailleurs avec une apparente logique. Voici, d'après Fernel, simple interprète en cela de Galien, comment les choses se passent.
Chez l'animal, le plaisir et la douleur sont à la fois les principes et les fins du mouvement. C'est pour rechercher
1. Comme tous les commentateurs, Riolan accentue encore les défauts de la théorie : non seulement il ne distingue pas la volonté de l’appétit, mais encore il la classe parmi les appétits animaux : « Appetitus ani- « malis tres sunt species : cupiditas, ira, e{ voluntas » (Riol., Comment.
Dao).