‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 257 sur 345 · ARGUMENTS PHYSIOLOGIQUES · texte numérisé non relu

ARGUMENTS PHYSIOLOGIQUES

90 Le mouvement, pris en soi, diffère de la sensibilité. La sensation est essentiellement passive ; le mouvement, au contraire, est un effort. Sentir, c’est pâtir, se mouvoir, c'est agir.

30 Les animaux inférieurs, les mollusques à coquille qui vivent fixés à un rocher, possèdent à quelque degré l'imagination, la sensibilité et l'appétit. Ces facultés sont chez eux infimes et obscures, mais elles existent. Or, ces animaux ne se meuvent pas ; ils exécutent bien quelques contractions, mais ils ne changent pas de place ; 1ls n'ont pas d'organes du mouvement. Ils n’en ont donc pas davantage la faculté, car il répugne à la raison d'admettre l'existence d’une faculté qui resterait oisive parce que la nature lui aurait refusé les organes nécessaires à sa manifestation. Donc, en fait, certains animaux ont la faculté motrice, tandis que d’autres en sont dépourvus. Comme tous, sans exception, sont doués de sensibilité et d'appétit, il s'ensuit que l’on ne saurait attribuer à une seule et même faculté les sensations, les désirs etles mouvements.

4° Dans la paralysie, chez les animaux et chez l'homme, le mouvement est aboli, quoique le sentiment et le désir ne subissent aucune atteinte. Le contraire a lieu dans la folie et dans le délire : il y a une altération profonde de la perception, de la mémoire et de l'appétit ; les mouvements musculaires, loin d’avoir disparu, ne sont que plus énergiques.

50 Enfin, la sensibilité et le mouvement ne sont pas localisés dans les mêmes régions du cerveau. La faculté motrice a pour siège el pour organe la partie postérieure, d'où partent la moelle épinière et les nerfs moteurs. La

Cette découverte est due à Magendie (v. Daremberg, Thèse inaugurale, p:189)

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