‹ Un médecin philosophe au XVIe siècleChapitre 264 sur 345 · LES ARABES ET LES SCOLASTIQUES · texte numérisé non relu

LES ARABES ET LES SCOLASTIQUES

« enseignait également que le cerveau avait un double « mouvement : l’un diastolique, pour recevoir l’air et « les esprits vitaux, l’autre systolique, par lequel Îles « ventricules distribuaient aux nerfs les esprits animaux.»

La tendance commune de toute la physiologie grecque élait de s’en tenir à des généralités. Ni Aristote, n1 les Alexandrins, n1 Galien ne prétendaient localiser les diverses facultés dans autant d'organes distincts, comme l'ont fait de nos jours les partisans du système de Gall. Galien avait eu une véritable vue de l’avenir quand :1l avait conçu le cerveau comme un ensemble d'appareils destinés chacun à une fonction spéciale. Mais 1l ne lui serait pas venu à l’idée de multiplier ces fonctions, et d’assigner à chacune d'elles un centre déterminé. Dans ses derniers écrits, il professait même que les esprits animaux n'étaient pas contenus dans certaines parties du cerveau seulement, mais qu'ils en pénétraient toute la substance. C'était dire que la totalité de cet organe présidait aux opérations de la sensibilité, du mouvement et de l'intelligence.

Au moyen âge, les Arabes et les scolastiques n'imitèrent pas cette réserve. Non contents de situer d'une façon générale l'âme dans le cerveau, ils imaginèrent le cerveau comme divisé en autant de sections qu'ils découvraient de facultés. Et comme chaque philosophe professait une opinion particulière sur le nombre des sens internes, le champ était ouvert à toutes les subtilités. L’un admettait quatre divisions, l’autre cinq, l'autre un plus grand nombre. L'opinion la plus généralement adoptée par les Arabes, et à laquelle se ralliaient des théologiens comme Saint Thomas et Duns Scott, consistait à répartir les facultés

1, Charlton Bastian, Le cerveau organe de la pensée, p. 142.

Page 1